AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Rencontre crépusculaire - PV Haji

Aller en bas 
AuteurMessage
Sybile
Maudite
avatar

Messages : 14
Date d'inscription : 05/07/2018

MessageSujet: Rencontre crépusculaire - PV Haji   Jeu 2 Aoû - 8:28

Le jour commençait à embrasser la nuit, mélangeant les couleurs du ciel, dévorant le bleu du ciel pour laisser place à celui qui régnerait en maître une fois le soleil envolé. C'était le moment de la journée que Sybile préférait. Celui, où, enfin, elle et Junna arrêtaient de voyager ou de travailler. La renarde avait levé le nez, humant l'air, pour s'assurer que l'endroit était paisible. Sa protégée ne craignait rien avec l'odeur d'une esprit sur elle, mais il y avait des forces qui savaient outre-passée cette interdiction. Et bien, souvent, c'était la concernée elle-même qui se mettait en danger. Son besoin de connaissance pour assouvir ses pulsions de curiosité n'était pas réellement compatible avec la survie, surtout à l'orée de la Forêt Centrale.

Le duo voyageait pour se rendre en Honshu, après une saison confortable mais mouvementé en Ingary. Depuis deux jours, elles marchaient dans la Lande, comme s'il s'agissait d'un labyrinthe. Les vivres commençaient à se faire maigres et ce n'était sans doute pas la première fois, ni la dernière que la faim leur mordrait le ventre. C'était une sensation familière et malheureusement, presque amie. Mais aujourd'hui, Sybile n'avait que faire des interdictions et mises en garde : lorsque Junna eut le dos tournée, elle s'aventura dans la forêt pour chasser. L'artiste lui avait malicieusement dérobé son arc avant de s’engouffrer dans le dédale végétal.

Jamais encore, elle s'y était autant aventurée. Il y avait eut des visites éclairs, des petites rencontres, mais elle s'était toujours faite rattraper puis réprimandée. Cette fois-ci était différente, alors, Sybile se détendit pour ne faire qu'un avec la végétation. Le pas souple, les sens en éveil, elle écoutait les bruits de la vie. A cette heure-ci, les lapins ne seraient pas encore de sortie, mais elle avait l'occasion de fureter un peu, pour trouver le meilleur endroit enfin d’embusquer un animal qu'elle espérait être fort dodu. Une fois une clairière sympathique trouvée – le genre où elle aurait voulu vivre si elle avait été un lapin, elle grimpa dans un arbre et attendit.
Mais la forêt devait sans doute être plus intelligente qu'elle, car, après quelques laborieuses minutes d'attente, aucune proie n'avait encore daignée montré le bout de son petit nez. Déçue, elle glissa lentement le long de l'écorce de l'arbre, récoltant quelques petites coupures, avant de se remettre en route. Le territoire était vaste, il y aurait bien de quoi manger un peu plus loin.

Les formes d'un lac se dessinèrent au loin, une aubaine. Car là, où il y avait de l'eau, il y avait de la vie. La jeune femme pressa le pas. Sa robe se mit à bruisser légèrement, comme des feuilles au vent. En arrivant dans la clairière, elle fut déçue de voir que l'étendue d'eau n'était guère plus qu'une mare un peu grande. Sybile avait eut l'espoir de croiser celui du maître des lieux... Depuis sa rencontre avec Junna, le monde des esprits et des dieux étaient une chose formidablement proche. Et, il y avait quelque part, dans son corps pourri par la vengeance, un espoir, ténu, mais présent, qu'un jour elle pourrait faire partie elle aussi de cette grande famille.
Soudainement, la jeune femme sentit une présence près d'elle. Elle se retourna vivement. Personne. Son cœur qui s'était mit à battre bien plus fort essaya de s'apaiser, en vain. Une étrange sensation lui parcourait l'échine, sans qu'elle puisse identifier la raison de ce frisson. Sybile soupira et plongea ses mains dans l'eau gelée avant de s'asperger le visage. Une mauvaise impression, rien de plus, se rassura-t-elle silencieusement. Son attention se reporta vers la canopée, épaisse. La lumière du crépuscule se frayait un faible chemin. Il serait peut-être plus raisonnable de rentrer.

Lentement, elle se releva et son regard croisa celui d'un petit Sylvain. D'abord surprise, elle émit un son aiguë en reculant. C'était la première fois qu'elle avait la chance d'en croiser un. Sa tête ronde claqua joyeusement tandis qu'il esquissait un sourire énigmatique.

« Salut, toi... Tu es terriblement mignon ! » déclara-t-elle en avançant la main vers la forme éthérée, qui, elle en était sûre, se mit à rougir avant de disparaître aussi rapidement qu'il était venu.

Un claquement attira son attention : un autre Sylvain était là. Sa tête en forme lunaire le distinguait clairement de son homologue. Sybile lui adressa un sourire chaleureux et, à son tour, il s'évapora doucement. Puis, il y eut un bruissement étrange, pareil à ceux qu'elle faisait. Elle se redressa vivement avant de regarder à gauche et à droite, s'il y avait un endroit où elle pourrait se cacher.
La jeune femme choisit de grimper dans un arbre. La forme indistincte d'un homme se forma entre les branches. Elle ne distingua pas s'il utilisa quelques verbes. Elle se pencha légèrement, écartant avec prudence les feuilles. Elle ne le vit pas, à son grand regret.

Sa botte trop grande, elle, rencontra sans doute sa route ou pire, son crâne, en glissant de son pied pendu dans l'air. Devait-elle descendre de son perchoir et s'excuser ? Mais... Ici, il y avait plus de chance qu'il soit une créature surnaturelle, les excuses bidons et les grands sourires ne fonctionneraient probablement pas. Sa gorge se serra et elle ferma les yeux, ne remarquant pas ici que plusieurs Sylvains avaient décidés de l'encourager à se montrer, ou juste faire un signe.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Haji
Maudit
avatar

Messages : 7
Date d'inscription : 09/07/2018

MessageSujet: Re: Rencontre crépusculaire - PV Haji   Ven 3 Aoû - 12:55

Le vent s’est levé et à mesure que la voute céleste se parsème d’étoiles à l’éclat encore timide, Haji rejoint le couvert des arbres. Le nez en l’air, les cheveux ébouriffés par la brise, il inspire l’air nocturne à plein poumons, s’en gorge, à chaque inspiration, pour chasser la mélancolie qui, chaque soir, s’empare de lui.

Il s’est avancé loin aujourd’hui, hors de la forêt, plus loin qu’à ses habitudes. Et il aurait aimé pouvoir s’attarder, profiter encore un peu de la sauvagerie des landes, de la fraîcheur de l’air qu’aucun arbre ne vient endiguer, de ces herbes, presque coupantes sous ses pieds.

Un dernier regard vers le ciel, et il s’enfonce dans les bois, les sens aux aguets et la main droite serrée sur son arc. Peut-être trouvera-t-il une proie intéressante ce soir. L’air est si doux encore, et si quelques nuages se sont massés à l’horizon, l’orage n’éclatera pas ce soir. Haji le sait. Il le sent. Les murmures constants de la forêt l’étreignent, l’enveloppent, comme pour lui souhaiter bon retour. Et, petit à petit, il sent sa tristesse s’évanouir, chassée par l’habitude, par la certitude de l’immuable. Il est ici chez lui.

Lentement, il se dirige vers un petit lac de sa connaissance, pensant y repérer quelques traces intéressantes. Une multitude d’animaux profitent de la sécurité de la clairière pour faire une halte. Haji n’approche les grands herbivores que pour glisser les doigts dans leur fourrure et leur conter ses songes, mais il a fait des plus petits gibiers ses proies occasionnelles, afin d’ajouter une touche carnée à un régime trop pauvre.

Il craignait au début que la forêt ne lui en veuille, que certains dieux le prennent en grippe, le chassent, le vouant ainsi à une mort certaine. Mais ce ne fut pas le cas, jamais il ne fut puni de ses légers tributs.

Il fait le tour de l’étendue d’eau, attentif, surpris de ne trouver là que de maigres empreintes. Seuls quelques sylvains ornent les lieux de leur blancheur diaphane. Il les salue de la tête, esquisse un vague sourire à leur intention avant qu’un léger bruissement n’attire son attention.

Il se raidit, le poing refermé sur son arme, prêt à décocher une flèche tout en scrutant les environs, sans succès. Quelques cercles troublent bien la surface de l’onde, mais rien d’autre ne semble déranger la paix des lieux.

Il se détourne du point d’eau pour se mettre à longer les arbres qui le bordent, cherchant au sol une piste susceptible de l’amener à son repas, jetant de temps à autre un coup d’œil aux sylvains.
Immobiles, ces derniers semblent le fixer. Haji presse le pas. Décidé à expédier le problème du repas avant que son apparence ne change, que le rôle qu’il s’est attribué ne prenne le pas sur ses besoins.

Il lui reste encore une heure, peut-être deux, avant que la lune ne se lève vraiment, que ses rayons n’appellent la métamorphose. C’est suffisant, juge-t-il, juste avant qu’un objet dur lui heurte un coin du crâne avant de retomber au sol avec un bruit mou. Il sursaute, bondit en arrière, une flèche déjà prête à être encochée, tout en levant les yeux vers l’arbre incriminé. Ce n’est pas un fruit.

Curieux et méfiant à la fois, il examine l’objet, qui s’avère être une chaussure, et revient fouiller le feuillage du regard. Il ne discerne rien, à part d’autres sylvains dont il devine les formes pâles. La frondaison est trop épaisse. Pourtant, il y’a forcément quelqu’un là-haut. Quelqu’un qui se cache. Peut-être un chasseur ? Un humain perdu qui n’a rien trouvé de mieux que de se piéger tout seul en haut d’un arbre ? Trop de créatures savent grimper, la forêt n’est pas sûre pour qui n’y est pas invité.

Avec un grommellement, Haji attrape la botte, l’examine sous toutes les coutures sans parvenir à en tirer grand-chose. Il la balance un peu plus loin, puis s’avance sous l’arbre, afin de héler son occupant invisible. Bien que la présence de sylvains et leurs cliquetis joyeux soit contradictoire avec la présence d’un danger direct, il ne peut continuer sa route avec un intrus dont il ignore les intentions dans les parages.

« Hey, là-haut. Tu comptes descendre ou il faut que je monte te chercher ? » Jette-t-il d’une voix peu aimable en continuant de fixer obstinément le rideau vert qu’il ne peut percer. Le contretemps l’ennui, mais pas autant que l’idée même d’un étranger perché au milieu de sa forêt.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sybile
Maudite
avatar

Messages : 14
Date d'inscription : 05/07/2018

MessageSujet: Re: Rencontre crépusculaire - PV Haji   Jeu 9 Aoû - 9:09

Plusieurs jurons virent à l'esprit de Sybile afin de commenter la situation. Mais, la jeune femme savait que ce n'était pas avec des « flûtes, crottes et papillotes » que tout allait s'arranger. Surtout à cause de cette botte aussi voyageuse qu'elle. Tout ce que la mendiante espérait, c'est qu'elle n'avait pas dérangé quelqu'un sans humour ou sans pitié. Elle s'était fait rosser, la semaine dernière et n'était pas encore prête à renouveler l'expérience...
L'inconnu s'approcha. Il y avait en lui quelque chose d'étrange, comme s'il était en confiance : pourtant, tout le monde savait que les humains n'étaient pas réellement les bienvenus ici. Ses réflexions se trouvèrent interrompues lorsqu'il la héla. Il ne l'avait visiblement pas bien vue et c'était tant mieux. L'instinct de la jeune femme lui disait de fuir, le plus vite possible. Mais ses jambes étaient paralysées par la peur.

Au bout de quelques secondes de silence uniquement habité par les bruits des Sylvains, Sybile se décida. Aussi souple qu'un chat, elle glissa le long de la branche, puis du tronc. Elle tomba face à lui et avec toute la constance qu'elle possédait, se redressa. Leurs regards se croisèrent, se mélangèrent. Il avait beau faire une bonne vingtaine de centimètres de plus qu'elle, la jeune femme avait décidé qu'elle jouerait le rôle d'une femme forte et décidée, dans cette étrange pièce de théâtre improvisée.
Il n'était pas d'Ingary, à cause de la délicate forme en amande de ses yeux. Leurs pupilles, elles étaient trompeuses avec cette hétérochromie pour le moins rare – voir mystérieuse. Mais, qui était elle pour juger sur le physique ? Avec ses cheveux blancs, ses yeux jaunes et surtout, les bandages qui courraient le long de son corps. Sybile reporta son attention ailleurs, évaluant les possibilités d'échappatoire, au cas où, la situation tournerait en sa défaveur. Une ouverture se présentait à droite, mais elle ignorait combien il pouvait être réactif. C'était un pari risqué. Mais sa vie n'était qu'une suite de choses aléatoires.

« Désolée pour le coup de botte. Vous pourriez me la rendre ? J'aurais l'air stupide avec une seule chaussure. Et puis, claudiquer c'est pas bon pour les hanches. Enfin, c'est ce qu'on m'a toujours dit !» commença-t-elle d'une voix aussi chantante que le rossignol, dans la langue commune, malgré la crainte qui agitait frénétiquement son cœur.

Enfilant son costume innocent, Sybile se pencha un peu, observant les mains de l'inconnu : aucune botte en vue. Elle fronça les sourcils en faisant une moue enfantine. Puis, elle repéra son bien, derrière lui. Avec un aplomb qui la surprit elle-même, elle s'avança vers sa chaussure, en le bousculant légèrement, mais sans violence. Une manière de lui montrer à tout prix qu'elle n'avait pas peur. Ni de lui, ni de la forêt.
Elle se laissa tombée dans la mousse et se saisit du cuir rugueux et informe, avant d'enfiler la chose à son bien. Elle était toujours trop grande et sa jambe, un peu maigre, flottait dedans.

« Vous être Honshu personne ? » le questionna-t-elle dans la langue de l'ouest. Elle ne parlait que quelques mots appris lors de ses voyages, mais son accent était bon, grâce aux efforts de Junna.

Cependant, elle se doutait bien que quelques mots dans sa langue ne suffirait pas à l'amadouer. Elle se releva d'un bond de chat et épousseta sa robe – ou plutôt sa chemise longue, elle était encore plus abîmée qu'avant. Il faudrait encore la rapiécer. Tant mieux, songea Sybile. Dans une attitude curieuse, elle s'approcha de lui. S'il avait voulu lui faire du mal, il lui en aurait déjà fait, non ?

« Vous êtes bûcheron ou quelque chose comme ça ? Moi, je me suis perdue en suivant la trace d'un animal. Je suis artiste itinérante, alors on a pas grand chose à se mettre sous la dent parfois. J'ai raté un petit lapin qui avait l'air super bon. Et je me suis retrouvée ici, et j'ai vu des Sylvains, alors, j'ai perdu la notion du temps. Ils sont adorables. » affirma-t-elle en se penchant vers l'une des petites créatures qui s'était approché – et elle ne savait pourquoi, de l'inconnu.

«Je chante et danse plein d'histoires à leur sujet, mais c'est la première fois qu'en vois ! » continua-t-elle sans lui laisser le temps de répondre.
Le noyer sous les mots étaient une technique pour l'ennuyer, lui faire perdre l'envie de s'en prendre à elle. Parfois, c'était le cas inverse, mais la plupart du temps en voyant le moulin à paroles qu'elle pouvait être, les gens se décourageaient de peur d'être coincé pendant un temps significatif en sa présence.

« Vous étiez venu chercher de l'eau ? Vous campez pas loin ? Vous êtes seul ? » enchaîna-t-elle tout en s'éloignant doucement.
Quelque chose était sûre, ce n'était pas un esprit ou un kami : il ne sentait pas l'odeur de Junna sur elle, qui d'ordinaire la protégeait des mauvaises intentions de ses congénères. Il était un humain, comme lui et donc bien plus dangereux et bien plus cruel à des égards.
Soudain, elle vit l'occasion de prendre congé, alors, au détour d'une question, la jeune femme fila. Ses jambes se délièrent et elle se mit à courir, aussi vite qu'elle le pouvait. Il ne prendrait sans doute pas le soin de la poursuivre. Dommage, car, malgré les circonstances déplaisantes, il était bel homme. Son cœur battait la chamade, de peur, d'angoisse mais aussi d'excitation : cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas autant amusée. Son sang était en feu. Un brasier délicieux et intrépide s'écoulait en elle irrévocablement.
Sa chevelure couleur de lune se détacha et lui fouetta le visage, mais aussi le dos tandis qu'un léger filet de sueur commença à perler sur son front. Mais, un détail la frappa : peu importe où elle allait, les Sylvains la suivaient. Sa gorge se serra, mais elle ne s'arrêta pas pour autant. Pour rester en vie, Sybile oserait même défier le Dieu de la forêt, si tel était son destin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Rencontre crépusculaire - PV Haji   

Revenir en haut Aller en bas
 
Rencontre crépusculaire - PV Haji
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le monde de Jiburi :: Le coeur de Jiburi : la forêt centrale :: La forêt sacrée-
Sauter vers: