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 Un passage dans le monde des songes (Feat. l'Arpenteur)

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Hozuka
Mage Taoïste
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Messages : 8
Date d'inscription : 13/07/2018
Age : 22

MessageSujet: Un passage dans le monde des songes (Feat. l'Arpenteur)   Ven 31 Aoû - 4:54

Hozuka bâilla.

Non, « bâiller » était un terme trop faible, ça faisait passer ce geste involontaire pour une petite action simple et négligeable. Ses muscles faciaux s’étaient violemment contractés pour laisser échapper une profonde aspiration avec la gracieuseté d’un esprit de la gloutonnerie.  Bref, la pauvre jeune fille épuisée offrit un court spectacle assez humiliant.

Dans un contexte différent, elle aurait probablement paniqué légèrement avant d’émettre excuses après excuses à tous les témoins potentiels, mais comme il venait d’être indiqué, Hozuka était parvenue à un état de fatigue qui la rendait sensiblement moins pointilleuse dans ses manières (aussi choquant que cela puisse paraître). À première vue, personne ne lui portait attention de toute façon, ça allait lui suffire pour aujourd’hui.

Déjà qu’elle devait y mettre tous ses efforts pour se retenir d’aller se mettre en boulle dans un coin et dormir…

Ouais, l’idée devait sonner particulièrement alléchante d’un point de vue extérieur, sauf qu’il s’agissait de la stratégie employée depuis le début de la semaine, et vous voyez le résultat. Même, on pouvait dire qu’il s’agissait là du problème en lui-même : Hozu était hantée par des cauchemars récurrents, transformant ses habituelles périodes de lourd sommeil tantôt en siestes inefficaces et mouvementées tantôt en réelles insomnies. Elle s’était même mise à suspecter de horribles prémonitions mais… bon, non seulement c’était habituellement bien loin de ses habilités, mais personne d’autre au dojo, y compris les experts des rêves prémonitoires, n’était victime de cette horreur et… Hozu avait des sérieux doutes que ses songes avait quoi que ce soit à voir avec une quelconque réalité.

Elle… allait juste garder un œil sur Tako au cas où il planifiait de conquérir le monde des humains sont son armés de poulpes multicolores portant des chapeaux bizarres. Au cas où.

Une autre hypothèse était qu’on l’avait maudite mais, soyons sérieux deux secondes. Qui voudrait maudire cette bouille adorable ? Non mais ! Bref.

Ce qui ne restait qu’une seule possibilité valable : elle avait juste des cauchemars et c’était comme ça, apparemment c’était assez commun, surtout en période de stress. Hozuka trouvait ça presque décevant, mais le problème était surtout qu’il n’y avait pas vraiment de solution à part attendre que ça passe (non personne n’est expert en hygiène de sommeil au dojo, la pire des solutions à son avis.

Du moins, c’était ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’une source secrète et mystérieuse (Miku, qui dormait dans la chambre adjacente à cette d’Hozuka. Plus vieille qu’elle de quelques années, incroyablement douée avec l’élément du bois et, par-dessous tout, très gentille) lui fasse part de son expérience avec ce phénomène. Cette personne avait quémandé l’aide d’un certain kami connu pour errer dans les rêves afin qu’il l’aide à chasser les mauvaises ondes, elle avait donc conseillé sa cadette de faire de même.

C’était donc ce qu’Hozuka s’apprêtait à faire en ce moment précis, les pieds trainant juste un peu parce que par tous les kamis liés à l’activité physique, se déplacer devenait cent fois plus difficile lorsque le corps était en manque d’énergie. Heureusement, la jeune fille était enfin arrivée à l’autel qu’elle cherchait : celui de l’Arpenteur.

Prenant une petite respiration pour se donner courage – il était toujours un peu intimidant de demander de l’aide à un kami jusqu’alors étranger – elle s’approcha de l’espace dédiée aux offrandes. Là, elle se mit à genoux et déposa un bol en bois rempli de fruits frais en plus de quelques pièces de monnaie. Elle espérait que cela suffirait à faire entendre à requête. Certains esprits étaient plus avares que d’autres, ça pouvait être difficile à jauger.

Puisque sa requête devait aussi être énoncée si elle voulait que la divinité sache comment l’aider, Hozuka ferma les yeux et joignit les mains pour prier. Juste avant d’être dans le noir, elle eut la petite joie de voir que son compagnon à tentacules s’était aussi posé au sol et faisait de même. Elle pourrait difficilement confirmer s’il faisait ça pour appuyer sa demande, pour une requête personnelle (il n’avait pas intérêt à utiliser SA donation si c’était le cas !) ou juste pour l’imiter, mais c’était toujours marrant à voir.

Arpenteur, je me présente aujourd’hui devant vous dans l’espoir que vous pourriez répondre à ma requête égoïste… voilà plusieurs jours… que mon sommeil est dérangé par des cau… des cauchemars, ce qui m’empêche de dormir et, d’ainsi… reprendre… mon énergie… j’aimerais donc… que vous veuillez… sur… sur ………


À bien y penser, fermer ses yeux n’avait peut-être pas été la meilleure idée…

Enfin bon, difficile de le regretter maintenant.

Hozuka dormait déjà.


Dernière édition par Hozuka le Ven 7 Sep - 17:43, édité 1 fois
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L'Arpenteur
Kami
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MessageSujet: Re: Un passage dans le monde des songes (Feat. l'Arpenteur)   Dim 2 Sep - 13:19

L’arpenteur flottait, au sens propre du terme, petite méduse portée par les courants oniriques d’un monde éphémère depuis des millénaires. Il arrivait souvent qu’il se laisse porter de la sorte, entre les songes éveillés des penseurs, et ceux plus fous des dormeurs. Les couleurs rêvées passaient sur son corps et le traversaient des sentiments qu’elles portaient.
Il les laissait faire et se souciait peu du contenu. La plupart des fantasmes spirituels nocturnes étaient exempts de sentiments prononcés, trop vite oublié, à peine perçus. Les yeux grand ouverts de L’Arpenteur fixaient un point lointain, visible de lui seul dans les profondeurs de ce fleuve massif. Comme souvent il se perdait en premier dans ses pensées, bien avant qu’aucun mortel ne s’y applique à sa façon.
La même pensée l’obsédait encore : où trouverait-il son épouse disparue ?

Songeur par essence le kami n’en fut pas moins tiré de sa rêverie par une soudaine ruade dans le monde onirique. Noyée dans les flux chatoyants une sombre lueur se développait, comme une tumeur elle rongeait les esprits s’approchant d’elle. Un cauchemar, plus rares que les mortels le croient, mais non moins horribles qu’ils l’affirment. En vérité s’il est bien une chose que L’Arpenteur déteste c’est de rencontrer l’une de ces horreurs sur son domaine.
Quelque chose de semblable à des sourcils se fronça sur l’équivalent d’une face pour le kami. Il louvoya entre les rêves et plongea au coeur du cauchemar sans une once d’hésitation, décidé à résorber la tâche avant qu’elle ne s’étende plus.
Son esprit voyagea comme au travers d’une toile derrière laquelle s’étendrait un grand vide : aspiré, déformé, pétrit par les pensées de la conscience à la surface de laquelle il dérivait, avant de chuter dans l’inconscient de la cible du cauchemar.


Un voile d’ombre se déchira et le kami tout bariolé des couleurs criardes de son domaine déboula comme une pierre lancée dans un jeu d’enfant. Il se prit les pattes dans sa queue, chuta en avant, culbuta plusieurs fois avant de considérer ce mode de déplacement comme peu agréable, décida de rebondir, et atterrit finalement la face contre un encadrement de porte.
La matière évanescente le composant tourbillonna, non moins décontenancée que lui par la soudaine rencontre d’une surface trop solide pour être amicale. L’agacement se peignit sur le faciès animal du kami qui se forma dans un tourbillon bigarré, renard désincarné, parsemé de volutes dont les couleurs se disputaient le partage.
L’Arpenteur remua une truffe nouvellement constituée, fixa la porte avec réprobation, puis la dépassa. Il pénétra dans la version imaginaire de l’un de ses sanctuaires. Les fûts des arbres ne semblaient pas droits ni lisses, les faîtages, invisibles, disparaissaient dans les profondeurs infinies d’une obscurité inextricable, et la plupart des objets jouaient de manière fort étrange sous la lumière, pâlots et coruscants, sans bien se décider pour l’un ou l’autre.
Aucune horreur ne rampait dans les recoins sombres, pas un grincement n’évoquait la rouille d’un vieux verrou honni, point de cliquettement métallique pour accompagner le pas d’un macchabée aux fers, et le grondements des plus féroces créatures ne s’entendait nul part. L’Arpenteur pénétra donc sans trop de défiance dans la bulle de la rêveuse.

Il tourna autour de la forme allongée au sol, comme abandonnée là, s’assurant de sa bonne santé. Satisfait d’une inspection qui ne lui révéla rien d’alarmant il s’assit devant la demoiselle et, en attendant qu’elle se décide à s’éveiller de ce côté ci, dans le monde de l’imaginaire, se régala de fruits à la chair tendre et juteuse, le museau rapidement barbouillé de jus. Les pièces furent utilisées pour la seule chose dont elles soient capable dans ce monde ci, l’édification de petites constructions abstraites sur lesquelles déposer les noyaux des fruits, histoire de s’occuper.
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Hozuka
Mage Taoïste
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MessageSujet: Re: Un passage dans le monde des songes (Feat. l'Arpenteur)   Ven 7 Sep - 17:42

L’esprit d’Hozuka parut totalement vide pendant quelques secondes, quelques minutes, peut-être même une éternité. C’était difficile à dire.

Doucement, elle réalisa qu’il faisait noir. Parfaitement noir, sans la moindre trace de lumière. Ce n’était pas surprenant, se dit-elle après un moment sans réagir, ses yeux étaient fermés durant une prière, ça faisait sens qu’elle n’y voit rien… étrangement, il n’y avait aucun signe qu’elle soit en train de réciter une prière ou quoi que ce soit… qu’est-ce qu’elle était en train de faire en fait ?

La mage finit par ouvrir les yeux, de plus en plus confuse par sa mémoire qui semblait lui faire défaut pour le moment. Elle le regretta presque, parce que la scène qui s’offrait à sa vision ne fit qu’ajouter à sa confusion.

-Eh ?


Non, se frotter les yeux n’arrangea rien. Stupéfaite, la jeune fille s’assit de manière plus confortable sans vraiment le remarquer, trop occupée à essayer de faire sens de ce qui se passait. Elle était… ah oui, elle était venue au temple pour quémander de l’aide. Cet endroit devait donc être le sanctuaire. Il y ressemblait effectivement, mais en même temps tout donnait l’impression de ne pas faire sens. Les couleurs, les objets, la lumière… tout clochait. D’ailleurs, où se trouvait Tako ?

OH ! Ça y est, les hallucinations devaient avoir commencé. C’était mauvais signe, Hozu aurait dû demander comment s’en débarrasser avant de partir, mais elle imaginait avoir plus de temps. Elle se frotta les yeux à nouveau, espérant que ça allait changer quelque chose.

… Non, aucun changement. L’autel était toujours aussi bizarre, rien ne faisait sens. Pourtant, Hozuka se sentait étrangement calme. Peut-être pas calme en fait, passive serait un meilleur terme. Elle allait juste blâmer la fatigue.

Par contre, il restait une étrangeté qui méritait d’être observée avec un peu plus d’attention. Partiellement parce qu’il s’agissait d’un renard qui l’observait sans bouger à quelques pas à peine (ce qui n’était en rien commun), partiellement parce qu’il s’agissait du canidé le plus bizarre qu’elle ait pu voir dans sa vie. Ses yeux avaient même du mal à faire sens de sa forme, il lui avait fallu quelques secondes pour décider si c’était un bien un renard ou un loup. Encore, la demoiselle n’était pas tout à fait sûre.

-Bon... jour ? Soir ? Ah, quelle heure... ?


Pourquoi disait-elle bonjour à un renard ? Ça avait tendance à faire fuir les créatures des bois plus qu’autre chose. Hozuka soupira, elle avait l’impression de ne pas avoir toute sa tête présentement.

Elle regarda de nouveau aux alentours, se demandant si la bête allait réagir. Étrangement, ses sens semblaient devenir lentement mais sûrement plus aigus, ses réflexions plus précises et son esprit plus réveillé. Quelque chose clochait vraiment ici, elle n’était même plus sûre où était ce « ici ». En effet, ça ressemblait à l’autel, mais en même c’était trop différent. Enfin, son attention se posa sur un objet familier aux pieds du renard : le bol de fruit qu’elle avait posé à peu près là si elle se fiait à la distance. Maintenant qu’elle ne regardait bien, le récipient était probablement la chose la plus consistante dans ce lieu fou.

Petit problème, il n’y avait que le bol. Du moins, les pièces étaient toujours présentes, bien qu’à l’extérieur, sauf qu’il manquait… et c’était quoi ces grains sur les piè…

… Ce foutu renard avait… !

En colère, Hozuka se releva brusquement, manquant de perdre l’équilibre au passage, et pointa la créature d’un doigt accusateur.

-HEY ! C’ÉTAIT POUR… !


Elle ne termina pas sa phrase, quelque chose venait de cliquer. Lentement, elle baissa son doigt si impoli.

-… Oh…

La jeune fille déglutit, fixant de ses yeux rounds, à la fois impressionnés et intimidés, le loup si insolite.  

-Êtes-vous… l’Arpenteur ?
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L'Arpenteur
Kami
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MessageSujet: Re: Un passage dans le monde des songes (Feat. l'Arpenteur)   Mar 18 Sep - 15:59

L'Arpenteur suivit avec intérêt l'évolution de la conscience de son invité. En tant qu'hôte il lui semblait important de s'assurer qu'elle ne perde pas la tête, et pour elle, en tant qu'invitée, il était essentielle qu'elle ne la perde pas trop vite. Venir jusqu'ici sans avoir le temps de discuter sainement, pouah, quel gâchis cela aurait été !
Il pencha la tête sur le côté lorsqu'elle se redressa, puis de l'autre une fois qu'elle se fut assise et entreprit d'observer les alentours.
Les lieux ressemblaient en effet à l'autel. La pierre et le bois formaient la même petite structure gravée de ronds aux pupilles de formes variées. Les arbres se penchaient là aussi au dessus, semblables à ces vieux noueux qui unissent leurs dos arrondis pour former les cercles obscurs des anciens. Un frémissement dans l'air, le son d'une flûte sans accord, le vent visitait les arbres en leur donnant une voix. Une pâle lueur baignait les lieux, laiteuse et presque tangente, elle coulait des feuilles et éclaboussait le sol en flaques déchiquetées.
L'Arpenteur s'apprêtait à répondre, scrutant le ciel imaginé avec un grand sérieux, le soucis de la précision marquant sa face comme seuls les renards savent le faire, mais un doigt brandit devant sa truffe l'empêcha d'aboutir sa réflexion. La demoiselle avait beau dormir son caractère flambait bravement. Ce serait probablement très intéressant de jouer un peu avec elle, que se passerait-il s'il la perdait dans le rêve ?
Les oreilles penchées sur les côtés, légèrement en arrière, le renard réfléchit mais se décida à abandonner cette idée. La rendre folle serait malpoli, tout d'abord une discussion, après les jeux.

- Ça m'arrive, de temps à autres, badina le kami avant de laisser planer un silence.
- Êtes-vous un pamplemousse ? ! ajouta-t-il avec espoir. Je n'ai encore jamais discuté avec l'un d'entre eux, je crois que ce serait intéressant. Les agrumes ont tendance à se montrer un peu trop emportés mais ils fournissent toujours d'excellents sujets de discussion. Il hocha le museau avec gravité. Contrairement aux fruits secs. Les glands ont une passion lente, c'est irritant. Ne le répétez pas mais . . . le renard inspecta les ramures, truffe haute, la tête bougeant de droite et de gauche avant de l'approcher de son hôte pour ajouter tout bas, . . . je suis persuadé qu'ils le font exprès. Ils en rajoutent. De nouveau le renard hocha gravement la tête. Ah mais ! J'oubliais ! Les fruits étaient très bons, quoi que peu loquaces. Dites moi donc pourquoi vous les avez apportés, et je vous dirais pourquoi le ciel est bleu. C'est un échange convenable, vous pouvez me faire confiance, j'ai de l'expérience en la matière. Une fois encore il acquiesça pour lui même, une sérieuse austérité accompagnant son mouvement avant qu'il ne se mette à attendre, bien assit sur son séant, que la demoiselle lui réponde.
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MessageSujet: Re: Un passage dans le monde des songes (Feat. l'Arpenteur)   

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